Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 17:32

Et voilà c’est déjà fini …

Une semaine après notre périple, je vais essayer de vous faire revivre mes plus grand moments sur cet ultra Marin du golf du Morbihan.

Après une traversée sympa de 20 mn en bateau entre Port Navalo et Locmariaquer nous voilà à 45 mn du départ.

Encore 20 minutes de marche et nous sommes sur le Stade qui fait office de départ.

Les coureurs arrivent et bientôt l’air de départ se remplie. Soudain une annonce qui repousse le départ à 17H30 suite à des manifestations qui bloquent les bus encore sur la route entre Vannes et Locmariaquer.

Une dernière banane, de la boisson d’attente une ou deux conneries comme d’habitude pour détendre l’atmosphère et nous voilà sur la ligne de départ pour le débriefing et une minute de silence pour les Traileurs décédés le Weekend d’avant sur une course.

Top, et c’est  parti. Il fait chaud, très peu de vent et j’ai le sentiment que ca part très vite. Le cardio passe très vite au dessus de 160 et je décide de lever le pied sérieusement pour prendre mon rythme de croisière.

1er ravito 10 km en 1H20, je fais le plein d’eau, quelques morceaux de pain et je repars.

Quelques kilomètres après Michel me rejoint et nous faisons environs 25 km ensemble. Apres le ravitaillement du vieux port de Saint Goustan Michel me quitte au 28 ème km.

Il fait moins chaud déjà et la vitesse de croisière est établie. Je pratique la méthode Cyrano en 14/1 et je marche fort dans toutes les montées, je me sens bien et heureux d’être la.

J’arrive au 52ème km en 7H28. Je me pose pour un repas chaud je croise Michel qui à déjà mangé. Après un brin de discussion, il repars et je termine mes pates avec un coureur qui viens de finir le premier relais du grand Raid. Je change de maillot et je repars pour une belle nuit étoilée. La nuit se passe bien, je cours avec un groupe qui à prévu de faire 35 heures, le rythme me convient et parmi ce groupe nous avons avec nous un V3 qui à déjà fais le raid 4 fois et qui ne cours pas lui . Il marche entre 5,5 et 6 ,5 et il fini toujours en 30H. Il est difficile à suivre et je suis souvent obliger de courir pour me remettre à son niveau. J’entame la conversation et il me précise qu’il a 70 ans qui ne s’arrêtent jamais sauf à Noyalo ou il fera une sieste de 20 minutes. Quelle santé ce Mec..

Après 14H47 de course soit 8H18 j’arrive a Vannes (90 KM). Je me sens bien. Je décide d’aller voir les kiné pour me faire masser les cuisses .Chose faite, j’attaque les pates, saucisson, jambon et eau gazeuse. Je suis un peu sur une autre planète. Je me surprends à être aussi bien que ca et là je fais la bêtise du débutant……

Je me change complètement et je décide va savoir pourquoi de ne pas changer de chaussettes. Je les revois encore dans mon sac ses putains de chaussettes oranges……

Après 1H45 d’arrêt, je repars musique dans les oreilles, lunettes de soleil et casquettes et un mental d’acier.

Je sais que l’on attaque de grosses étapes pour cette journée, le prochain arrêt est à Séné soit un peu plus de 20 km de Vannes.

Il est 10 heures et un soleil de plomb sur la Bretagne. J’ai prévu de boucler ma prochaine étape en 3H30, mais après 1H30 des douleurs au pieds me gênent .Je me dis que ca va passer mais plus j’avance plus je souffre. Il m’est difficile de courir maintenant et je cherche tout en marchant la cause du problème. Je croise un commissaire de course et lui demande «  tu sais ou son les podologues ? ».

La réponse est clair «  dans 45 KMS »…

J’ai plus le choix, serrer les dents et marcher, toujours marcher ne jamais s’arrêter.

J’arrive à Séné, je ne sens plus ma voute plantaire à gauche et à droite ca chauffe pas mal. Je fais le plein en eau, quelques gâteaux et je décide d’enlever mes chaussures. C’est pas beau la dedans, je place une bande elasto  inversée sous la voute plantaire. je sers les dents et je repars sous les yeux d’autres conçurent qui attendent la voiture d’abandon. Allez encore 35 Kms avant les podos….

La souffrance est de plus en plus intense, j’ai le sentiment qu’à chaque pas mon talon passe à l’avant de mon pied et reviens lentement afin de me faire sentir qu’il faut arrêter.

Pas de chance pour lui car j’ai un mental d’acier et surtout une ligne à passée pour mes 42 ans.

Noyalo , km 125 je suis seul, les pieds hs je peux même plus enlever mes chaussures. Un plat de pates toujours du saucisson, et je repars pour rejoindre les podos qui sont plus qu’ 21 kms.

Là ca deviens très dur, je m’enferme dans ma bulle, chaque pas me fait mal mais ca tiens. Sûrement l’endorphine.

Sarzeau kms 145 et surtout les podos. A l’arrivée ils sont comme des fous, je suis un cas d’école. Je leur demande de faire un miracle pour continuer, il faut que je passe cette ligne. Je ne vais pas arrêter au 145 kms. Apres ¾ heure de soins le responsable me dit que c’est pas sérieux de continuer que je ne vais pas y arriver. Il connaît pas le Fred celui là…

Je me lève de la table, pose un pieds au sol et constate que ca fait super bobo…

Je suis pas magicien me dit un podo. Je le remercie, je remets mes pompes, je mange et je repart pour une deuxième nuit et sachant que les 34 derniers kms sont les plus durs (escaliers, plage, racines).

La mise en route est pitoyable, les larmes me montent aux yeux, les traileur du 86 et du 56 nous doublent il faut les laisser passer. Ils nous encouragent et on s’enfonce dans la pleine nuit. J’ai une drôle de sensation, c’est pas de l’hypo c’est bizarre j’ai l’impression d’halluciner. C’est surement la fatigue.

Port Neze  160 kms je passe le contrôle  comme un zombie il est 4H40, je demande à un organisateur si il peut me réveiller dans 20MN. Je m’écroule et sombre pendant ces quelques minutes. 5H00, une soupe et ca repart plus que 18 kms, mais qu’est ce qui vont être durs. Je suis indestructible, je souffre, je pleurs, mais à aucun moment j’ai eu une seule fois l’envie d’arrêter.

Dernier ravito kms 170, il en reste environ 10, le soleil tape, on devine l’arrivée, le parcours est toujours autant cassant, je suis dans un état second, je bois, je fixe le sol et j’avance. Ne jamais s’arrêter.

Je retrouve le groupe à un ou 2 kms de l’arrivée. j’ai besoin d’eux , ils m’encouragent, me soutienne et je vais enfin passer cette ligne du grand raid avec joie et frustration.

La joie d’avoir fini dans les temps malgré mes pieds, mais aussi une frustration .je sais au fonds de moi que j’ai la capacité de finir en 31 voir 32h.

Je file chez les podos qui retrouvent encore un cas d’école mais pire qu’a Sarzeau. Le médecin me prends ma tension, et les podos me scalpent les talons en filmant l’intervention. Les pieds de fred servent a donner des cours aux étudiants podo. Si j’ai pu contribuer à leur formation je suis heureux.

A ce jour mes pieds vont mieux , je vais faire du vélo cet été avant d’etre a vos coté sur le marathon de Lausanne.

Nous avons passé une agréable semaine et je félicite encore Nathalie et Michel pour leur Perf

J’espère qu’ils pourront faire un compte rendu également.

A bientôt Mes amis

Fred



PS: petite vidéo du départ  

 

Par cap bugey - Publié dans : Récits de courses - Communauté : Trail - Course à pied
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