Trail 56 ( Nathalie)
Samedi 27 juin 19h50, noyalo, départ du trail 56.
10 mn avant le départ, là bas sur l'estrade, le maire de Noyalo enfin je crois nous fais un petit discours, les micros ne fonctionnement pas correctement et vus le brouhaha autours de moi je
n'entends rien de ce qu'il dit de toute manière je ne l'écoute pas, je suis déjà dans ma course
19h58, 2mn avant le départ, je regarde une dernière fois ma montre avant de lancer le chrono au passage de l'arche Je suis sereine, une bonne nuit de sommeil, une journée de détente complète à
lire, j'ai eu tout le temps de me préparer sans stress à ce départ. Dans ma tête je ne pars pas pour un 60 km mais j'ai découpé la course en 4 étapes que je vais devoir franchir les unes après les
autres pour arriver à ce fameux maillot finisher.
20h00 c'est parti, ma première étape et ma première course sont lancées, direction Sarzeau quelque 23,110 km plus loin et une barrière horaire à 4h30. J'ai prévu une arrivée entre 3h00 et 3h30 .
Après l'arche, nous rentrons dans le vif du sujet, une montée d'enfer qui vous mets tout de suite dans le bain, le cardio monte trop vite et je sais qu'il va me falloir 3/4 d'heure pour trouver ma vitesse de croisière et me sentir bien en alternant 14mn de course et 1mn de
récup. Devant moi un trio de filles alternent elles aussi course et marche mais à un rythme plus court, je les suis pendant un petit moment mais très vite elles s'envolent et je ne les reverrais
plus.
3km de course environ et au détours d'une rue "Ah, Tic et Patricia !" quelle bonne surprise, je ne pensais pas les voir au départ, depuis ce matin bonne heure ils suivent Michel et Fred pour les
assister sur les ravitos et les encourager sur différents points du parcours. Gérer plusieurs coureurs à la fois ce n'est pas facile, mais ils ont pu être là. Un petit coucou et je reprends mon chemin, la route va être longue
jusqu'à Sarzeau et le cardio ne se stabilise toujours pas !
Le paysage est merveilleux dans cette première partie alternant chemin et route entre "Terre et Mer" au milieu des marais salants et des cultures d'huitres.
22h30 la nuit se précise, je m'arrête 5 mn au bord de la route pour me préparer pour la nuit. La frontale, les manchettes pour ne pas avoir froid au bras quoique la nuit s'annonce douce et je
repars.
23h24, pari gagné et arrivée à Sarzeau en 3h24, le temps de manger un peu de fromage, boire un peu, remplir ma gourde quelques fruits secs et je retrouve Fred chez les podologues en train de se
faire soigner. Ses pieds ne sont déjà pas chouettes, pleins d'ampoules et je sais que même avec un minimum de soin les 36 km restants vont être une souffrance pour lui surtout que Tic qui nous a
rejoint entre temps et nous annonce l'arrivée de Michel, il aurait pu aller se coucher mais non il est venu nous soutenir avant l'arrivée et nous fais dire que les derniers km du parcours sont
remplis de branches, et de marches (casse patte au dire de Michel). Ma barrière horaire m'empêche d'attendre Fred pour finir la course avec lui et de l'accompagner sur ce qui va être son chemin de
croix, je dois être au port du Crouesty avant 8h00 ce matin, pas de temps à perdre surtout que depuis 2/3 km je commence à ressentir des douleurs aux cuisses dues à des contractures. Le
temps de préparer mon MP3 avec 10h00 de musique (je pense que cela sera suffisant) et je me prépare à affronter la nuit.
Je me prépare pour ma deuxième course et 14,85 km de chemins cotiers. Petits détours dans Sarzeau, pas beaucoup de monde dans les rues, il fait doux, je n'ai pas froid. Sortie de Sarzeau, les
cuisses me font de plus en plus souffrir, pour cette étape j'abandonne la méthode 14mn/1mn trop galère à surveiller le chrono sur la montre et avec la musique je n'entends pas les bips. Je décide
donc de courir le temps d'une chanson et de marcher le temps d'une autre. Je retrouve des coureurs, d'autres me dépassent (ce sont les concurrents du 86km), je dépassent certains concurrents du
grand raid qui marchent à des allures qui laissent deviner leur état de fatigue, ils ont du courage et je pense à Fred qui doit être repartis les pieds en feu. Je me retrouve seule dès fois au
milieu de nul part, j'aperçois par moment des petits points lumineux qui me rassurent, je ne suis pas perdue.
Arrivée à Arzon Port nèze et 6h08 de course pour 37,96 km. Mal au cuisses, je prends le temps de me poser, de prendre une soupe chaude, quelques étirements pour soulager les cuisses, le plus gros
est fais mais il reste encore quelques 18 km je crois. Je sais que cette 3ème étape se fera en marchant que je vais perdre du temps sur l'horaire prévu mais tant pis à ce stade là le principal
c'est d'arriver à pied, à cheval ou en trottinette mais surtout pas avec la voiture balais.
Quelques 8 km plus tard j'arrive au dernier ravito, du fromage, des "tucs" à grignoter, je me repose un petit peu, je remplis ma gourde, qu'est-ce-que tu bois ma fille !! et je me dis que je tiens
le bon bout. 3 étapes sur 4 de réaliser et je ne vais pas lacher maintenant, le reste de la course se fera encore en marchant pour les 9 derniers kilomètres, plus moyen de courrier j'ai les cuisses
bloquées et puis avec le chemin côtiers jonchés de racines de cailloux de marches qui descendent sur la plage, d'autres qui remontent, ils nous ont gâté pour cette fin de course. J'arrive à Port
Navalo, je ne sais pas très bien quelque heure il est, je sais que ça sent l'écurie, on a reconuu les derniers kilomère jeudi après midi et là je sais que je suis presque à la maison. Tic m'attend
à l'embarcadère, il n'a pas beacoup dormi mais il va m'accompagner sur les 3 derniers kilomètres après plus de 9h00 de course ça fait du bien de voir un visage connu.
6h04 du matin et après 10h04 de course arrivée en toute discrétion au Port du Crouesty,
pas beaucoup de monde pour vous acceuillir mais c'est pas grave, j'ai réussi mon challenge, j'ai fini cette course.
Pas le temps de trainer, je récupère mon beau maillot finisher (je l'ai bien mérité celui-là tiens !) et retour à la maison pour 2h00 de repos avant de
repartir tous ensemble récupérer Fred sur le parcours il va je pense en avoir besoin;
Je ne réalise pas à ce moment et aujourd'hui encore que je viens de courrir 60 km, je pense à mes copines qui courraient ce matin au Mont Blanc et je me dis qu'elles ont du en baver plus que moi
avec le dénivelé.
Alors bonne nuit à tous, la journée de demain va être elle aussi riche en émotion, il y a encore un capbugiste sur les chemins...
Publié le 07/07/2009 à 09h41 dans Récits de courses